Colybride

En 2014, alors que je partais pour l’Amérique du Sud, un ami vidéaste et moi avons crée le collectif Colybride. Ensemble, notre volonté était de partager. Il s’occupe de capturer nos voyages son appareil à la main, j’ai pris la plume pour faire vivre aux autres nos aventures.

Dans les alpes autrichiennes, lors d’un voyage en Europe.

Depuis, l’équipe s’est agrandie et les voyages se sont multipliés mais le plaisir de pédaler sur les routes du monde reste inchangé. Pour quelques jours ou quelques mois, nous continuons d’explorer, lentement, et de raconter, souvent. 

Extraits aléatoires de billets Colybride

2018 :

Bivouac en Ouzbékistan.

« L’Asie Centrale est une des régions les plus méconnues de notre globe. L’Ouzbékistan, un bout de désert bercé de caravanes et de soviétisme. Ici, pour la première fois, nous n’avons pas trouvé notre place. Le cœur n’était pas aux rencontres, les yeux pas à l’émerveillement, notre humeur pas au voyage. 
Dans un élan collectif, nous avons eu le blues nomade, cette mélancolie qui s’accroche un jour à votre guidon et vous empêche de profiter de l’instant. Nous nous sommes interrogés. Quel est le sens de notre aventure ? Comment vivre les prochains mois qui seront déjà les derniers ? Que nous ont apporté ces 9000 kilomètres à vélo ? Comment encore admirer un désert que nous parcourons depuis 2500 bornes ? »

Pic-nic iranien.

« L’Iran est un ovni de générosité, une bouffée permanente de partage, une leçon inspirante d’hospitalité et une invitation à venir voir sur place plutôt que d’écouter ce qu’il s’en dit. Alors, à tous ceux qui ont croisé notre chemin et fait de cette traversée du désert un festival d’humanité, merci. Kheyli mamnoun ! »

2017 :

« La route se cache sous un épais tapis de neige. Nous glissons sur les plaques de verglas. Nos pneus crépitent, chantent l’aventure. Nous poursuivons notre avancée en silence. La vue est saisissante. C’est l’ivresse des grands espaces, la grandeur du dépeuplement. » 

2016 :

De retour à Lille après un mois sur les routes.

« Je me lève dans un vrai lit ce matin. Il fait noir dans ma chambre. Je ne suis pas coincé entre la paroi de la tente et un de mes compagnons d’infortune. Je ne dérange personne en me levant. J’ouvre un volet plutôt qu’une moustiquaire. J’urine dans des toilettes plutôt que dans les hautes herbes. Durant un mois, je n’ai eu pour toute vaisselle qu’un bol et des couverts, voici que je prends mon petit-déjeuner avec de nombreux ustensiles. Je mange du muesli, pas cru, non, celui-ci est enfin accompagné de lait. Je ne vais pas ranger mes affaires dans deux sacoches ce matin. Je ne vais pas replier ma maison. Je ne vais pas partir, je ne pars pas, je ne pars plus, je suis rentré. »

2015 :

Sur la route Australe, en Patagonie Chilienne.

« Nomade,
je suis un nomade des temps modernes. Chaque soir je monte ma tente. Chaque matin je la replie sans savoir où j’atterrirai la nuit venue. Mon quotidien est incertain, il n’y a qu’une constance : la route. Le reste n’est qu’éphémère. Comme on dévore un livre pour en connaître le dénouement, je prends la route tous les jours pour découvrir ce qu’elle me réserve. Je roule lentement, avec toutes mes possessions dans mes sacoches. Je vis au jour le jour, enivré par les kilomètres, assoiffé de paysages. Ma vie est simple : avancer, manger, m’émerveiller, dormir sont mes seules préoccupations. Je me plais dans cette existence archaïque et sans artifices. » 

2014 :

Une nuit sur le Salar d’Uyuni, plus grand désert de sel de la planète.

« La nuit tombante sonne le départ des 4×4 de touristes dans un vulgaire défilé qui défigure la pureté de l’endroit. Il ne reste que moi, au beau milieu de cet océan blanc, et ce coucher de soleil qui à lui seul justifie mon voyage. Dans mon sac de couchage, j’admire par l’ouverture de ma tente cette immobile immensité où blancs, roses, oranges et bleus s’épousent dans la plus belle des nuits de noces. Je ne fais rien d’autre que regarder, cela me suffit, la nature à son rythme me dévoile ce qu’elle a de plus beau. Il faut savoir ralentir et ne rien faire, la beauté réside dans la simplicité de l’instant. Tout le charme du Salar s’exprime dans la solitude et le silence. » 

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